•  

     

    Ça siffle.

    Ça n'arrête pas de siffler.

     

    J'arrête de respirer.

    J'écoute.

    Qu'est-ce que ça peut siffler ?

     

    Puis je respire à nouveau.

    Me rend compte que je ne sais pas faire autrement.

    Je peux bien décider d'arrêter de respirer.

    Ça ne marche pas.

     

    C'est comme de dire

    demain je ne t'aime plus.

    Ou tout à l'heure.

    Ça va faire un an que j'essaie de ne plus t'aimer,

    tout comme depuis le même temps

    j'essaie de ne plus respirer.

    Ni l'un ni l'autre ne fonctionne.

     

    Vraiment, une affaire de volonté ?

     

    Je regarde les autres mais y a de la friture sur mon cœur.

    Je les écoutes et je déborde d'acouphènes.

     

    La folie : c'est à partir de quand on se demande si on y glisse ?

     

    Je t'aime.

    C'est plat.

    C'est téléphoné.

    C'est profond.

     

    Je pourrais

    crier des injures

    mais c'est trop facile.

     

    La souffrance

    on en rirait presque.

    Comment peut-on la prendre au sérieux

    quand on est pas vraiment brûlée au troisième degré ?

     

    Les autres je les vois, mais je ne les regarde pas.

    J'y pense, je lutte.

    Tu as dis que je ne devais rien attendre de toi.

    Tu vois, ta voix, je l'entends.

    Je t'écoute.

    Mais m'y résoudre

    ne fait pas parti de l'addition de mes sentiments

    et de la soustraction des tiens.

     

    Les autres, je les regarde, mais je ne les vois pas.

    J'y pense, je lutte.

    Tu as dis que tu ne savais pas si tu m'avais vraiment aimé

    un jour.

     

    Un jour c'est long.

     

    Y a des jours, un jour, qui restent immuables

    peu importe le jour.

     

    Y a des jours, ils durent toute une vie.

    Simplement, on s'en doute pas.

     

    Y a des jours, un jour on fait ce qui nous plait.

    Y a un jour, on panse nos plaies tous les jours.

     

    Aujourd'hui,

    c'est tous les jours de la semaine.

     

    Aujourd'hui,

    je t'aime

    comme un premier mai.

     

     

     

     

    Publié dans la revue Cabaret hors série N° 1 

     

     


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  •  

    Sur le vinyle de ta peau

     

    l'aiguille souffrante

     

    émoussée d'espoir

     

    creuse les sillons

     

    d'une mélodie

     

    que personne

     

    ne voudrait

     

    entendre.

     


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  • Te dire.
    Ce soir.
    Sortir la tête de l'écran. L'éteindre, et toutes les lumières du bureau avec.
    Ligoter les grilles du bâtiment.
    La nuit à peine fraîche dans les halos artificiels du parking.
    La route
    La campagne.
    Le village dans le dos.
    Devant pleine, généreuse même cachée derrière le feuillage des grands arbres qui se dressent dans le noir.
    Mes phares ne suffisent pas à exister pour estomper sa lumière si enveloppante, si douce.
    Elle a capté toutes mes pensées comme un piège à rêves. Les meilleures ont filtré.
    La lune ce soir était juste comme toi.
    Toujours belle.
    Et magnifique,
    ailleurs.


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  • Quatre heure
    quarante.
    Lune rouge.
    Ciel noir.
    Air cru.

     


    Dans le sac
    de couchage,
    la température
    ne semble
    cesser d’augmenter.
    Et ton érection,
    bouillonnante,
    finie par
    me réveiller.

     

    À l’étroit,
    étriquée
    dans le duvet,
    la place aux
    désirs
    demeure grande.

     

    Quitte à me
    serrer,
    c’est contre
    ton corps
    nu
    et autrement chaud
    où je voudrais
    me calfeutrer.

     

    J’aimerai
    retrouver
    tes pieds
    glacés
    se nouant
    aux miens
    et tes jambes,
    lierres,
    qui tremblent
    légèrement
    jusqu’à nos
    sexes
    qui s’inonderaient
    de l’envie
    de l’autre.

     

    Nos ventres
    s’épouseraient
    encore
    et nos mains
    joueraient
    les aveugles,
    de mes fesses
    à ton cul,
    de ton torse
    à ma poitrine.
    Tu aimerais
    toujours
    autant lécher
    mes tétons
    érectiles,
    les pincer
    et les mordiller.
    Tu sais
    qu'ici,
    je suis une,
    et mes seins
    ne savent pas
    résister
    ni à ta langue
    ni à tes doigts
    ni à tes dents.
    Ton gland
    ne cesse
    d’accueillir
    les afflues
    violents
    et grandissant
    de mon envie
    de t'imprégner
    jusqu’au fond
    de mon vagin
    où la douleur
    se mêle à nos
    émotions.

     

    Souvent,
    ne sachant pas
    canaliser
    mon plaisir,
    j’arrache
    ta tête
    de mes seins,
    nous nous affrontons
    à forces inégales
    et tu acceptes
    parfois
    de désintensifier
    nos sentiments
    au creux
    de mon cou
    ou dans
    nos baisers
    acharnés
    à s’explorer
    toujours
    comme
    les pionniers
    de la première
    fois.

     

    Ces répits
    durent peu.

     

    L’air cru
    fige nos
    salives
    et nous nous
    emmitouflons
    en nos
    dermes siamois,
    frictionnant
    nos dernières
    barrières
    qui volent
    en éclat
    quand ton
    sexe éclair,
    en fusion,
    se mêle à
    ma mouille
    à nos sueurs
    entreprenantes.

     

    Dans la
    carcasse
    du duvet
    sarcophage,
    j’écarterai
    mes cuisses
    et plaquerais
    mes genoux
    au plus haut
    de ta descente
    en moi.
    Alors que
    j’étreindrais
    la chair de tes
    fesses en me
    plaquant
    contre nos
    respirations
    difficiles,
    je finirais
    par prendre
    le temps
    de sentir
    ton sexe
    entier
    dévaler
    lentement
    chaque
    parois
    de mon
    con.

     

    Limités
    par nos
    bassins,
    je chercherais
    quand même
    à ce que
    tu te plantes
    plus profondément,
    alors que mes
    cuisses
    et mes jambes
    ciseaux
    sur tes fesses
    appuieront
    cette envie
    de te sentir
    plus au fond
    de moi.

     

    La suite,
    nous la connaissions
    inégalée à chaque
    râle, à chaque
    soupir,
    à chacun
    de mes tremblements
    souvent
    répétés
    jusqu’à
    ton éjaculation
    où dans l’abandon
    de ton sexe encore
    dur dans nos
    sécrétions,
    les larmes acides
    brûlaient tout
    sur le passage
    de mes joues.
    Nos sels
    ne cessaient
    de se lier dans
    les strates de
    notre amour.

     

    Pas de baise,
    juste une sexualité
    sans cesse renouvelée
    dans le quotidien
    rare de nos
    instants volés,
    à la fidélité
    promise,
    à l’autre.


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  •  

    J'entretiens des relations

    avec le ciel.

     

    Rien de spirituel.

     

    Un peu comme si je polissais le miroir

    des choses

    pour mieux accepter

    mon reflet.

     

     


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