• Rebord

     

    Dans mon dos, l’eau coule. Je suis éclaboussée par le son de la chute et de l’oxygène qui se libèrent de l’emprise ponctuelle de ces bulles remontant à la surface.

     

    Une plaque, sur la fontaine, dit qu’il ya quatre-cent-cinquante ans Charles IX autorisait qu’un marché se tienne sur cette place qui porte aujourd’hui le nom d’une date révolutionnaire.

    L’eau coulait-elle déjà ?

     

    En me faisant ces réflexions sans grands intérêts, je remarque que mes lèvres et ma langue s’attardent sur le rebord de la tasse du café commandé avant que je ne divague dans les siècles passés.

    Une tasse commune de cafetier, en porcelaine blanche, mais pas d’un blanc éclatant, frappée de la marque du distributeur d’arabica.

    Á l’intérieur, là où des restes de crème sèchent, je peux lire « … le café du café ».

    Original !

     

    Mais...

    Je m’éloigne.

     

    Tu l’aurais remarqué si tu étais là.

    Et tu m’aurais ramenée sur les rails. Que je le veuille ou non.

     

    Je plonge à nouveau ma langue entière dans la tasse et je la lèche jusque sur le rebord que je passe entre mes lèvres.

    Consciente.

    Un instant.

    Je lève la tête.

    Personne ne me regarde.

     

    Le rebord de la tasse est particulièrement charnu.

    Il me rappelle tes lèvres.

     

    Ne me laisseras-tu donc jamais en paix ?

     


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